En France, si vous vous mariez sans contrat, vous êtes automatiquement soumis au régime légal de la communauté réduite aux acquêts. Un contrat de mariage permet de choisir un autre régime matrimonial et d’adapter des clauses à votre situation patrimoniale. La signature se fait devant notaire, avant le mariage, et un changement de régime est possible après le mariage par acte notarié.


Sommaire

  1. Contrat de mariage : à quoi ça sert concrètement
  2. Choisir son régime matrimonial : panorama clair
  3. Faire un contrat de mariage : quand, avec qui, quelles clauses
  4. Contrat de mariage pour protéger : quatre scénarios concrets
  5. Coûts et délais
  6. Trouvez simplement votre avocat en droit de la famille sur DePlano
  7. FAQ

Contrat de mariage : à quoi ça sert concrètement

Le mariage est un acte juridique qui organise la vie patrimoniale des époux pendant le mariage et lors de sa dissolution.

Sans contrat de mariage, c’est le régime légal de la communauté réduite aux acquêts qui s’applique : les biens acquis pendant le mariage sont en principe des biens communs, tandis que les biens acquis avant le mariage et les biens reçus par succession ou donation restent la propriété de chacun.

Le contrat de mariage permet de choisir un autre régime matrimonial et d’insérer des clauses adaptées. Le recours au notaire est obligatoire pour signer un contrat avant la cérémonie et pour changer de régime après le mariage.

Acquêts

Biens acquis pendant le mariage par les époux grâce à leur travail ou leurs revenus.


Choisir son régime matrimonial : panorama clair

C’est le régime matrimonial qui détermine le sort des biens avant et pendant le mariage, la répartition des dettes, ainsi que les effets en cas de divorce ou en cas de décès. Les futurs époux peuvent choisir entre plusieurs régimes matrimoniaux ou aménager des clauses. Voici l’essentiel à connaître, puis un tableau comparatif :

Sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts, les biens acquis pendant le mariage forment des biens communs. Les biens possédés avant le mariage ou reçus par succession ou donation restent des biens propres. Ce régime de la communauté convient lorsque l’on souhaite une mise en commun progressive des richesses créées pendant l’union (source : Service Public).

 

Séparation de biens

Dans un régime de séparation de biens, chacun conserve l’administration et la libre disposition de ses biens. Il protège notamment l’entrepreneur en isolant ses risques professionnels, tout en permettant d’ajouter des clauses pour mettre en commun certains biens (source : Service Public).

 

Participation aux acquêts

Ce régime fonctionne comme une séparation de biens durant le mariage, puis, à la dissolution du mariage, chacun participe à l’enrichissement de l’autre au titre d’une créance de participation. Il peut être pertinent pour concilier autonomie patrimoniale pendant le mariage et partage plus équitable au moment de la dissolution (source : Service Public).

 

Communauté universelle

Dans la communauté universelle, tous les biens des époux, ceux acquis avant et pendant le mariage deviennent communs. Les époux peuvent ajouter une clause d’attribution intégrale : au décès de l’un, le survivant reçoit automatiquement tout le patrimoine. C’est une forte protection pour le conjoint survivant, mais elle réduit les droits des héritiers et doit être étudiée avec un avocat (source : Service Public).

 

Tableau comparatif

Régime matrimonialBiens acquis avant le mariageBiens pendant le mariageDettesCas de divorceCas de décès
Communauté réduite aux acquêtsRestent la propriété de chacunEn principe biens communsCertaines dettes ménagères engagent les deuxPartage des biens communsPartage des biens communs, le conjoint survivant hérite selon les règles de la succession
Séparation de biensPropriété séparéePropriété séparée sauf biens mis en commun par clauseChaque époux répond de ses dettes, sauf pour les dettes ménagères, qui engagent les deux épouxPas de partagePas de biens communs à partager, e conjoint survivant hérite selon les règles de la succession
Participation aux acquêtsPropriété séparéePropriété séparée durant le mariageSéparation durant le mariageCréance de participation à la dissolutionLe conjoint survivant peut réclamer une créance de participation si l’autre s’est plus enrichi.
Communauté universelleEn principe communsTous les biens sont communsLes créanciers peuvent saisir l’ensemble des biens communsPartage de la communauté selon clausessi une clause d’attribution intégrale est prévue, le conjoint survivant récupère tout le patrimoine.

Faire un contrat de mariage : quand, avec qui, quelles clauses

Établir un contrat de mariage se fait avant le mariage devant notaire. Le notaire a une obligation de conseil, interroge sur la situation familiale et professionnelle des époux, propose un projet d’acte et procède à son enregistrement. Dans les dossiers plus complexes, notamment lorsqu’il existe une asymétrie patrimoniale ou des projets spécifiques (entreprise, biens hérités, enfants d’une précédente union), l’avocat en droit de la famille intervient pour sécuriser les clauses sensibles et anticiper les conséquences d’un divorce ou d’un décès. Travailler avec le notaire et l’avocat en complémentarité permet d’obtenir un contrat de mariage parfaitement adapté et opposable. Signer un contrat de mariage plusieurs semaines avant la cérémonie facilite l’organisation, le notaire délivrant un certificat à remettre à l’officier d’état civil (source : Service Public).

Les clauses possibles sont variées et doivent rester compatibles avec l’ordre public matrimonial. On peut, par exemple, prévoir la mise en commun de certains biens sous un régime de séparation de biens, aménager une communauté d’acquêts avec un partage inégal, ou stipuler une clause d’attribution intégrale dans une communauté universelle. L’avocat peut alors aider à arbitrer les intérêts et s’assurer que ces clauses correspondent à la volonté réelle des époux, tout en évitant des déséquilibres juridiques. L’objectif reste d’adapter le sort des biens et la protection du conjoint aux projets des époux.

 

Après le mariage : changer de régime

Changer de régime matrimonial se fait par acte notarié dans l’intérêt de la famille. Les enfants majeurs et les personnes ayant été parties au contrat modifié sont informés et peuvent faire opposition dans les trois mois. Les créanciers sont informés par une publication dans un journal d’annonces légales.

En cas d’opposition, l’acte doit être homologué par le tribunal judiciaire ; dans cette situation, l’intervention de l’avocat en droit de la famille devient obligatoire afin de représenter les époux et défendre leurs intérêts. Le changement produit effet entre les époux à la date de l’acte ou du jugement et, à l’égard des tiers, trois mois après l’accomplissement des formalités de publicité (source : Légifrance).

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Contrat de mariage pour protéger : quatre scénarios concrets

Voici quatre situations où faire un contrat de mariage pour protéger ses intérêts est pertinent.

  1. L’un des époux crée ou dirige une entreprise

    Un régime de séparation de biens ou une participation aux acquêts limite l’exposition des biens communs aux aléas professionnels. Des clauses peuvent organiser la mise en commun de certains biens et la répartition des financements.

  2. Protection du survivant en cas de décès

    La communauté universelle avec clause d’attribution intégrale permet au conjoint survivant de recevoir tout le patrimoine au décès de l’autre, mais ses effets sur les droits des enfants et la fiscalité successorale doivent être évalués avant signature.

  3. Projet immobilier à deux

    Si vous êtes mariés sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts, un logement acheté ensemble devient automatiquement un bien commun. En séparation de biens, chacun reste propriétaire à hauteur de sa contribution : une clause précise les parts de chacun et comment seront pris en compte les remboursements du prêt.

  4. Différence de patrimoine initial

    Quand l’un des époux possède déjà un patrimoine important avant le mariage (biens immobiliers, héritage, entreprise), le régime de séparation de biens protège ces biens propres. Des clauses permettent néanmoins de mettre en commun certains biens destinés à la vie familiale, comme la résidence principale.


Coûts et délais

Les frais du notaire pour établir un contrat de mariage sont fixés par la loi. À titre d’exemple, pour un patrimoine inférieur à 30 800 €, l’émolument du notaire est de 188,68 € hors taxes. À cela s’ajoutent des frais annexes (publicité, copies authentiques, droits d’enregistrement si nécessaire).

Si vous avez besoin d’un conseil ou d’un accompagnement par un avocat en droit de la famille, il faut prévoir une consultation dont le prix varie généralement entre 100 € et 300 € l’heure. Le montant total varie selon la valeur du patrimoine et la complexité des clauses.

Si les époux souhaitent changer de régime matrimonial après le mariage, il faut prévoir des frais supplémentaires : information des enfants majeurs, publication dans un journal d’annonces légales pour avertir les créanciers, et éventuellement liquidation de l’ancien régime. En cas d’opposition, l**’intervention d’un avocat est obligatoire** devant le tribunal, ce qui entraîne des honoraires supplémentaires, variables selon la complexité du dossier.


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